Paralysie du transport routier : le gouvernement à la manœuvre pour une sortie de crise
La psychose s’est installée dans le secteur des transports routiers au Cameroun suite aux différents mots d’ordre sur fond de violence lancés par le camp d’Issa Tchiroma Bakary.
Sur fond de tensions post-électorales, des menaces proférées par certains partisans politiques proches d’Issa Tchiroma Bakary, qui s’est autoproclamé vainqueur de la présidentielle du 12 octobre dernier, paralysent la circulation sur plusieurs axes. Employeurs et employés du secteur sont pris pour cibles, accusés de ne pas adhérer aux appels à la contestation. Face à cette situation, le gouvernement a décidé d’agir pour ramener le calme et relancer l’activité.
Un secteur à l’arrêt
Mardi 4 novembre 2025, à l’entrée de Yaoundé en provenance de Douala, les parkings pour poids lourds affichent complet. Des dizaines de camions et engins de chantier y sont immobilisés depuis plusieurs jours. Personne ne souhaite prendre la route, de peur d’être victime de violences.
Cette paralysie fait suite au mot d’ordre de «villes mortes» lancé par Issa Tchiroma Bakary, président du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), pour protester contre les résultats officiels du scrutin présidentiel. L’opération, prévue du 3 au 5 novembre, a fortement impacté la chaîne logistique nationale et les transports interurbains.
Une réunion de crise au ministère des Transports
Pour désamorcer la tension, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibéhè, a réuni à Yaoundé les principaux acteurs du secteur. À l’issue des échanges, plusieurs mesures ont été adoptées pour garantir la continuité du service et la sécurité des transporteurs.
Parmi celles-ci figurent :
La sécurisation des flux de marchandises par des convois encadrés par les Forces de maintien de l’ordre (FMO) ;
Le renforcement de la sécurité sur les corridors stratégiques afin de garantir la fluidité du trafic ;
La mise en place d’un dispositif spécial pour le transport urbain et interurbain des personnes ;
Et la suppression des contrôles répressifs menés conjointement par la Gendarmerie et le ministère des Transports.
Garantir la reprise et rassurer les acteurs
Ces mesures, selon le ministre, visent à fluidifier les opérations de transport de personnes et de marchandises sur l’ensemble du territoire national.
«Conscient des difficultés auxquelles vous faites face, l’État, à travers le gouvernement, a pris des dispositions pour garantir la sécurité et la reprise normale des activités », a déclaré Jean Ernest Masséna Ngalle Bibéhè.
Le membre du gouvernement a par ailleurs exhorté les organisations syndicales à sensibiliser et rassurer leurs membres afin de favoriser un retour rapide à la normale. Des propositions complémentaires pourront être soumises au ministère dans les prochains jours.
Un soulagement pour les transporteurs
Cette initiative gouvernementale a été accueillie favorablement par les acteurs du secteur.
«Je voudrais exprimer notre gratitude au ministère des Transports pour les mesures prises après notre réunion du 4 novembre », a salué Martin Bia, président régional du Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun (GTTC) pour le Sud. «La sécurisation des agences de voyage, l’arrêt des contrôles aux ponts bascules d’Edéa et la suspension des contrôles des FMO sur les axes routiers vont considérablement améliorer nos conditions de travail.»
Même satisfaction du côté du Syndicat national des conducteurs du transport périurbain, urbain, interurbain et rural du Cameroun (Synctrapuircam).
«Nous pouvons désormais rassurer nos membres et les encourager à reprendre leurs activités », a affirmé Prosper Aimé Essomba, président du syndicat.
Vers un retour progressif à la normale
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, les mesures prises devraient renforcer la sécurité et la compétitivité du secteur du transport routier, véritable colonne vertébrale de l’économie nationale. Si la tension reste palpable dans certaines zones, la concertation engagée par le gouvernement semble ouvrir la voie à un retour progressif à la normale.

