Jean Ernest Masséna NGALLÈ BIBEHÈ obtient la suspension de la grève des transporteurs routiers avant l’arrivée du Pape Léon XIV
La menace d’un mouvement de grève générale illimitée dans le secteur des transports routiers s’éloigne, au terme d’une concertation jugée décisive entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Réunis ce vendredi 27 mars 2026 sous la présidence du Ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, les acteurs du secteur ont opté pour l’apaisement en suspendant leur mot d’ordre de grève.
Autour de la table, dans la salle de réunions du Cabinet, prenaient part des représentants de plusieurs administrations, notamment le Ministère du Travail et de la Prévoyance Sociale, le Ministère des Relations Extérieures, ainsi que la Douane camerounaise. Face à eux, les organisations syndicales du transport routier, conduites par l’Alliance des Syndicats pour le Développement du Transport Routier (ASDETRO), venues exposer les difficultés qui minent leurs activités.

À l’origine de la tension, un préavis de grève illimitée motivé par une série de revendications structurantes. Les syndicats ont notamment dénoncé les contraintes liées à la gestion de la Lettre de Voiture Internationale (LVI) et de la Lettre de Voiture Obligatoire (LVO), pointant des dysfonctionnements qui entravent la fluidité des opérations. À cela s’ajoutent les déséquilibres persistants dans la fixation des prix du transport, jugés peu favorables à la rentabilité du secteur.
Les échanges ont également mis en lumière des insuffisances dans le dialogue avec l’Administration des Douanes, ainsi que des préoccupations sécuritaires sur certains axes routiers. La détention d’un conducteur camerounais au Tchad a, par ailleurs, cristallisé les inquiétudes des professionnels. Autre point de friction : les tracasseries dénoncées au niveau des ponts bascules, perçues comme des obstacles supplémentaires à l’activité.
Face à cet ensemble de doléances, le gouvernement a privilégié une approche concertée. Plusieurs mesures ont été arrêtées, parmi lesquelles la tenue, le 7 avril 2026, d’une réunion élargie réunissant l’ensemble des parties prenantes afin d’approfondir les discussions et d’aboutir à des solutions durables. En amont, des échanges directs sont prévus entre le Bureau de Gestion du Fret Terrestre (BGFT) et les transporteurs pour aplanir les points de divergence.
Par ailleurs, des démarches spécifiques seront engagées auprès des administrations concernées : relance du dialogue avec les Douanes, saisine du Ministère de la Défense pour renforcer la sécurité sur les axes sensibles, implication du Ministère des Travaux Publics sur la question des ponts bascules, et intervention du Ministère des Relations Extérieures dans le dossier du conducteur détenu au Tchad.

Saluant «l’esprit de responsabilité» des différentes parties, le Ministre des Transports a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue comme levier principal de résolution des différends. Une posture qui semble avoir porté ses fruits.
À l’issue des travaux, les syndicats ont officiellement suspendu leur mot d’ordre de grève. Ils ont, dans la foulée, invité les transporteurs à reprendre normalement leurs activités, tout en se mobilisant pour accueillir dans la sérénité le Pape, Sa Sainteté Léon XIV, dont la visite au Cameroun se prépare dans un climat désormais apaisé.

