Transport routier : le plaidoyer du Sntrc et l’action du Bgft désamorcent la grève du 29 mars
La tension aura finalement laissé place à l’apaisement dans le secteur du transport routier camerounais. Réunis le 18 mars 2026 à Douala autour de l’Honorable Simé Pierre, président national du Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (Sntrc), et de El Hadj Oumarou, Coordonnateur général du Bureau de gestion du fret terrestre (Bgft), les principaux acteurs de la filière ont opposé une fin de non-recevoir au mot d’ordre de grève annoncé pour le 29 mars 2026.
Dans la salle de réunion du Sntrc, région du Littoral, à Douala, patrons du secteur, responsables syndicaux, chauffeurs et propriétaires de flottes, venus de plusieurs villes du pays, ont pris part à une concertation décisive. Au cœur des échanges : l’examen de l’appel à la grève lancé par une alliance de syndicats jugée «floue» par les participants.
Un plaidoyer fort pour l’unité et la responsabilité
D’entrée de jeu, le ton a été donné. Dans un plaidoyer ferme et sans ambiguïté, l’Honorable Simé Pierre a exhorté les acteurs du secteur à faire preuve de lucidité face aux tentatives de manipulation. Insistant sur la nécessité de préserver la stabilité de la filière, il a appelé à ne pas céder «aux sirènes de la désinformation et de la division», tout en réaffirmant l’importance du respect des institutions et de la solidarité professionnelle.

Ce message, largement partagé par l’ensemble des participants, a contribué à consolider une position commune : rejeter un mouvement de grève perçu comme contre-productif dans un contexte de modernisation accélérée du secteur.
Le Bgft, pilier de la transformation du secteur
Au-delà du plaidoyer, la contribution du Bgft s’est révélée déterminante dans l’abandon du mot d’ordre de grève. Par la voix de son coordonnateur général, El Hadj Oumarou, l’institution a présenté un bilan jugé «élogieux», structuré autour de plusieurs axes majeurs : lutte contre l’informel, protection des PME locales, amélioration des conditions sociales des transporteurs, gouvernance inclusive, et surtout, digitalisation des procédures.
La mise en place de la Lettre de Voiture Obligatoire digitale, accompagnée d’un système de traçabilité sécurisé, apparaît comme l’une des réformes phares ayant permis de réduire significativement les tracasseries, la corruption et les pratiques opaques.
Des données issues de la plateforme numérique du Bgft révèlent par ailleurs l’ampleur de l’activité sur les corridors stratégiques reliant Douala à N’Djamena et Bangui : environ 13.000 voyages mensuels pour plus de 320.000 tonnes de marchandises transportées.

Une crédibilité renforcée à l’international
Le Bgft bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance croissante auprès d’institutions3 internationales telles que la Banque mondiale, la CEEAC, la CEMAC ou encore la ZLECAF, qui s’appuient sur ses outils numériques pour sécuriser les flux commerciaux. Cette crédibilité nouvelle conforte les acteurs nationaux dans leur adhésion aux réformes engagées.
Selon El Hadj Oumarou, les résistances observées émanent essentiellement de réseaux informels qui profitaient du désordre antérieur. «En imposant la transparence et la traçabilité, le Bgft restitue la valeur économique aux véritables acteurs que sont les transporteurs et les chauffeurs», a-t-il souligné.
Une mobilisation collective contre la désinformation
Face à ce bilan jugé globalement positif, la centaine de participants a unanimement rejeté les arguments avancés par les promoteurs de la grève. Les avancées enregistrées — dématérialisation des documents de transport, introduction de QR codes sécurisés, renforcement des capacités des acteurs — ont été mises en avant comme autant de preuves d’une mutation profonde et bénéfique du secteur.
Dans ce contexte, la grève annoncée a été qualifiée d’«irresponsable» et de nature à freiner une dynamique de progrès déjà engagée.
Une dynamique irréversible
En conclusion des travaux, l’Honorable Simé Pierre a réitéré son appel à la responsabilité collective, tout en saluant le rôle structurant du Bgft. «La dynamique de modernisation est irréversible. Elle offre à chaque acteur l’opportunité de s’inscrire dans une économie formalisée, rentable et respectée à l’échelle internationale», a-t-il affirmé.
Un message qui semble avoir porté ses fruits : le spectre d’une paralysie du transport routier le 29 mars s’éloigne désormais, au profit d’un consensus autour des réformes et de la stabilité du secteur.

