Bonkeng-Penja : l’Ambassadeur Ndocki Victor remet les clés du nouveau Palais royal et salue un élan national de solidarité
À Bonkeng-Penja, dans le département du Moungo, l’émotion et la fierté étaient palpables lors de la cérémonie de remise des clés du nouveau Palais royal du canton. Après le discours du Chef supérieur, Sa Majesté Dieudonné Dissakè, l’Ambassadeur du Cameroun en Allemagne, Son Excellence Ndocki Victor, a pris la parole pour exprimer sa gratitude et rappeler l’esprit de solidarité nationale qui a rendu possible la réalisation de cet édifice emblématique.
D’emblée, le diplomate a tenu à souligner que l’essentiel avait déjà été dit par le chef supérieur. «En principe, je ne devrais plus rien ajouter, car son discours a résumé toute la situation», a-t-il confié, avant de se limiter volontairement à quelques mots, dominés par un sentiment de reconnaissance.
Un projet né d’une inspiration collective
Présenté par certains comme l’initiateur du projet, l’ambassadeur a toutefois tenu à relativiser son rôle. Selon lui, la construction du Palais royal dépasse largement l’action d’un seul homme.

«On dit que c’est mon œuvre, mais en réalité, je suis incapable de dire d’où est venue l’idée», a-t-il déclaré. Pour lui, ce projet relève d’une inspiration plus profonde, qu’il attribue volontiers à la providence ou à la bénédiction des ancêtres.
Tout a véritablement commencé lorsque l’idée lui est venue d’en parler au chef supérieur, qui a aussitôt accepté de mettre à disposition l’espace destiné à accueillir le bâtiment. «Je n’avais pas de capital», a-t-il précisé, soulignant que la réalisation du projet a reposé avant tout sur la mobilisation et la solidarité.


Une mobilisation venue de tout le Cameroun
L’ambassadeur a insisté sur le caractère national des contributions ayant permis l’édification du palais. Des soutiens financiers et matériels sont venus de plusieurs régions du pays : de l’Extrême-Nord au Sud, en passant par l’Adamaoua, l’Ouest, le Nord-Ouest, le Littoral, le Centre, l’Est et le Sud-Ouest.
Certaines hautes autorités de l’État ont également apporté leur appui au projet, notamment à travers l’accompagnement de collaborateurs proches du Premier ministre y compris lui-même.

Pour Son Excellence Ndocki Victor, cette diversité d’origines illustre parfaitement l’esprit d’unité nationale : «Des Camerounais de toutes les régions ont travaillé pour un canton qui est aussi le leur.»
La première pierre du palais avait été posée le 23 mars 2024. Deux ans plus tard, le 7 mars 2026, l’ouvrage est désormais achevé.
Hommages aux artisans de l’ombre
Profitant de l’occasion, l’ambassadeur a tenu à rendre un hommage appuyé à plusieurs acteurs qui ont œuvré discrètement à la réussite du projet.
Il a notamment salué le rôle du préfet du Moungo, dont l’implication dès la pose de la première pierre a permis de mobiliser les premières contributions. Une mention spéciale a également été faite à Patrick Kapseu, commerçant à Njombé, qui a assuré la gestion et la sécurisation des fonds destinés au chantier.
Sur le terrain, le suivi des travaux a été assuré au quotidien par le commissaire Abo, dont l’engagement constant a été publiquement reconnu. L’aspect technique du projet, quant à lui, a été confié à Emmanuel Chimewa, collaborateur fidèle de l’ambassadeur, chargé de la conception et de l’adaptation des plans.
Autre figure mise en lumière : Amina, fille du village, qui a assuré l’accueil et la restauration des techniciens durant toute la durée du chantier.

Un appel au retour des valeurs communautaires
Au-delà de la célébration de l’ouvrage, l’ambassadeur a profité de la tribune pour lancer un appel au renforcement des valeurs de solidarité au sein de la communauté.
Évoquant les traditions d’entraide qui caractérisaient autrefois la vie du village, il a regretté que certaines pratiques communautaires se soient estompées avec le temps. Autrefois, a-t-il rappelé, les familles se relayaient pour nourrir le pasteur ou entretenir l’église. Des gestes simples qui traduisaient une forte cohésion sociale.
Pour lui, le nouveau palais devra justement redevenir un lieu de rencontre et de renaissance de ces valeurs.
Un symbole d’unité pour le canton
Le canton Bonkeng-Penja se distingue par la coexistence de trois grandes communautés : les Bafun, les Bankon et les Bonkeng. Pour l’ambassadeur, cette diversité constitue une richesse qu’il convient de préserver.
Il a ainsi exhorté les populations à dépasser les rivalités internes et à préserver l’unité du canton, rappelant que la construction même du palais témoigne de la capacité des Camerounais à se rassembler autour d’un objectif commun.

Le passage de relais à l’autorité traditionnelle
La cérémonie s’est achevée par un acte symbolique : la remise officielle des clés du palais au Chef supérieur.
Par ce geste, l’ambassadeur a clairement signifié la fin de sa mission dans ce projet. «À partir d’aujourd’hui, ma compétence pour ce chantier s’arrête», a-t-il affirmé, confiant désormais la gestion de l’édifice aux autorités traditionnelles, aux chefs de villages et aux notables du canton.
Il a d’ailleurs invité la population à s’adresser désormais exclusivement à ces instances pour toute question relative au palais, non sans humour, évoquant certaines habitudes locales consistant à solliciter l’initiateur même pour les plus petites réparations.
Une inauguration officielle en perspective
Si la remise des clés marque une étape majeure, l’ambassadeur a laissé entendre qu’une grande cérémonie d’inauguration officielle pourrait être organisée dans les mois à venir, probablement avant la fin de l’année.
D’ici là, le nouveau Palais royal de Bonkeng-Penja s’impose déjà comme un symbole fort : celui d’un patrimoine communautaire bâti grâce à la solidarité nationale, sous le regard bienveillant des ancêtres et dans l’espoir d’un avenir plus uni pour le canton.











