Transport des marchandises : El Hadj Oumarou sur le terrain pour rassurer et galvaniser les transporteurs
Face aux tensions post-électorales et à l’appel à l’opération «villes mortes» lancé par l’opposant Issa Tchiroma Bakary, le secteur du transport de marchandises refuse la paralysie. Le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT) multiplie les initiatives pour maintenir la continuité des activités et garantir la fluidité du trafic sur les principaux corridors.
Lundi 3 novembre 2025, autour de 10 heures, le coordonnateur national du BGFT, El Hadj Oumarou, prend la route de Yassa, à Douala. Objectif : s’assurer de l’effectivité du travail sur le terrain et soutenir les transporteurs dans un contexte tendu. Malgré un climat de psychose alimenté par des menaces de certains partisans de l’opposant politique, le responsable se veut rassurant : «Il n’y a pas d’immobilisme dans le secteur du transport de marchandises», affirme-t-il.
Reconnaissant toutefois l’existence de «quelques résistances», qu’il attribue à une peur légitime, El Hadj Oumarou dénonce fermement les actes d’intimidation : «Nous faisons face à du terrorisme pur et dur. Certains veulent dissuader nos transporteurs de travailler.»
Depuis la proclamation des résultats de la présidentielle, plusieurs zones ont été touchées par des perturbations. Pour éviter une paralysie totale du secteur, le BGFT a lancé une vaste campagne nationale de sensibilisation. Des équipes mobiles, à bord de pick-ups siglés BGFT, sillonnent sans relâche les grands axes du pays — de Ngaoundéré à Bertoua en passant par Douala — pour mobiliser les acteurs et maintenir la confiance.
«Moi-même, je suis sur le terrain, de jour comme de nuit. Cela fait deux jours que je ne dors presque pas», confie le coordonnateur, déterminé à préserver la chaîne logistique nationale. Sa présence constante vise à briser l’isolement des transporteurs et à prouver que, malgré les menaces, le travail peut et doit continuer.
Le BGFT fonde son action sur la collaboration étroite avec les Forces de défense et de sécurité (FDS), dont la présence visible sur les corridors rassure les opérateurs. «Nous sommes confiants. Les FDS sont déployées partout, et le travail sécuritaire se fait d’une manière extraordinairement efficace», assure El Hadj Oumarou.
Pour lui, les incidents isolés et les velléités de blocage ne sont que des «pétards mouillés» face à la détermination de l’État à maintenir la stabilité. «Le fret continue de circuler. L’État contrôle la situation», insiste-t-il.
Bien avant le scrutin, les acteurs du transport avaient d’ailleurs pris l’engagement de garantir la continuité du service avant, pendant et après la présidentielle. Un pari que le BGFT entend bien tenir, en première ligne, pour préserver la vitalité économique du pays.

