Immeuble «Délices» : la famille Mpondo réclame l’expulsion d’un occupant après 20 ans de bras de fer judiciaire
Au cœur du quartier Akwa à Douala, à quelques encablures de l’hôtel Akwa Palace, un bras de fer judiciaire oppose depuis plusieurs années la famille Mpondo à Alexander Bovalis, occupant d’un immeuble commercial autrefois emblématique. Malgré une décision de justice ordonnant son expulsion, ce dernier continue d’occuper les lieux, poussant les héritiers Mpondo à sortir du silence et à interpeller l’opinion publique.
L’affaire trouve son origine plusieurs décennies en arrière. Siporah et Nicolas Mpondo, propriétaires de l’immeuble concerné, avaient conclu un contrat commercial avec le père d’Alexander Bovalis pour l’exploitation d’un salon de thé-restaurant baptisé «Délices». À l’époque, l’établissement jouissait d’une solide réputation dans la capitale économique, notamment grâce à ses pâtisseries et à la qualité de son accueil.
Après le décès des propriétaires et du locataire initial, Alexander Bovalis a repris les activités. Mais selon les héritiers Mpondo, la situation se serait progressivement détériorée. Ils dénoncent un défaut de paiement des loyers, l’absence de bail en cours de validité ainsi qu’une dégradation continue des locaux.
Pour la famille, il ne s’agit plus d’une relation locative régulière, mais d’une occupation sans base contractuelle légale.
Une décision judiciaire toujours sans effet
Saisie du dossier, la justice aurait ordonné la libération des lieux par l’occupant. Pourtant, plusieurs années après cette décision, l’exécution tarde toujours. La succession Mpondo accuse Alexander Bovalis de multiplier les recours et autres procédures dilatoires afin de retarder son départ.
Les héritiers affirment également que certaines dégradations auraient été volontairement causées dans l’immeuble, compliquant davantage une éventuelle réhabilitation du site.
Cette situation nourrit un profond sentiment d’impuissance chez les ayants droit, qui disent simplement vouloir récupérer leur patrimoine afin de le rénover et de le remettre sur le marché locatif.
Un enjeu économique dans un secteur stratégique
À Akwa, quartier commercial parmi les plus dynamiques de Douala, les immeubles bien situés représentent des actifs particulièrement recherchés. Pour la famille Mpondo, la remise en état de cet immeuble constituerait une opportunité de valorisation importante dans une zone à forte demande commerciale.
Mais au-delà du conflit privé, l’affaire met en lumière une problématique plus large : celle de l’exécution des décisions de justice au Cameroun. Dans de nombreux dossiers fonciers ou locatifs, obtenir gain de cause devant les tribunaux ne garantit pas nécessairement une application rapide et effective des jugements rendus.
La famille Mpondo en appelle à l’opinion
Face à ce qu’elle considère comme une longue attente, la succession Mpondo espère désormais qu’une médiatisation de l’affaire permettra d’accélérer l’exécution de la décision judiciaire. Une démarche qu’elle présente comme complémentaire aux procédures légales déjà engagées.
L’affaire de l’immeuble « Les Délices » apparaît ainsi comme le reflet d’une réalité bien connue de nombreux propriétaires : entre le prononcé d’un jugement et sa mise en application concrète, le chemin peut parfois s’étendre sur plusieurs années. Reste désormais à savoir si les autorités compétentes parviendront à faire respecter la décision rendue par la justice.

