Loi de finances 2027 : le Directeur Général des Impôts ouvre le dialogue avec les entreprises à Douala
La Direction générale des Impôts (DGI) a engagé, le 25 août 2026 à Douala, une série de consultations avec le secteur privé en prélude à la préparation de la Loi de finances 2027. Une démarche qui place les préoccupations des entreprises au cœur de la réflexion fiscale.
La fiscalité camerounaise de 2027 se prépare désormais au contact du terrain. Le Directeur général des Impôts, Roger Athanase Meyong Abath, a effectué le 25 août à Douala une tournée consacrée aux échanges avec les principaux acteurs économiques de la capitale économique.
Trois étapes ont rythmé cette démarche : les services du gouverneur du Littoral, le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) et la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat du Cameroun (CCIMA). Objectif : recueillir les attentes et propositions du secteur privé avant les arbitrages devant conduire au projet de Loi de finances 2027.
Au GECAM, les discussions ont porté sur les contraintes qui affectent la compétitivité des entreprises, notamment la pression fiscale, la prévisibilité des règles et le coût des obligations administratives. Son président, Célestin Tawamba, a salué la qualité des échanges et souhaité que les propositions formulées soient effectivement prises en compte.

À la CCIMA, présidée par Christophe Eken, la concertation a permis de mesurer les avancées réalisées dans le dialogue entre l’administration fiscale et les opérateurs économiques. Sur une cinquantaine de propositions formulées lors des précédentes consultations, une vingtaine auraient déjà été retenues. Pour la préparation de la prochaine loi de finances, la chambre consulaire a soumis 24 nouvelles propositions.
Parmi les principales attentes figure la numérisation complète des services fiscaux. Pour les entreprises, cette évolution doit permettre de réduire les coûts administratifs, accélérer les procédures, renforcer la traçabilité et limiter les interactions physiques avec l’administration. La DGI a déjà engagé cette transformation à travers plusieurs services en ligne, notamment la télédéclaration et l’e-billing.
Trouver l’équilibre entre recettes et compétitivité
Derrière cette concertation se dessine une équation délicate : accroître les recettes nécessaires au financement de l’État tout en évitant d’accroître la pression sur les entreprises formelles.
Pour la DGI, l’enjeu passe davantage par l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration du recouvrement, la réduction des déperditions et la lutte contre l’informalité que par la multiplication des prélèvements.
Cette approche répond aussi aux préoccupations du secteur privé, pour lequel la prévisibilité fiscale constitue un facteur déterminant dans les décisions d’investissement, de recrutement ou d’expansion.
Le choix de Douala revêt, à cet égard, une portée particulière. Principal pôle économique et industriel du Cameroun, la ville concentre une importante partie du tissu entrepreneurial national. Les propositions recueillies auprès du GECAM et de la CCIMA offrent ainsi à l’administration une lecture concrète de l’impact potentiel des futures mesures fiscales.
Reste désormais l’étape décisive : celle des arbitrages. Les opérateurs économiques attendent de savoir quelles propositions seront retenues dans le projet de Loi de finances 2027.
Au-delà de la consultation, c’est donc la capacité de l’administration fiscale à transformer le dialogue en mesures concrètes qui permettra de mesurer la portée de cette nouvelle approche.

