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Douala 2ème : les performances budgétaires progressent, le préfet appelle à préserver l’unité

À mi-parcours de l’exercice 2026, la Commune d’arrondissement de Douala IIe affiche des indicateurs budgétaires en nette amélioration. Présentés le 27 août 2026 lors de la session ordinaire du Conseil municipal, les chiffres font ressortir une hausse de près de 80 % des recettes recouvrées et une accélération de l’exécution des dépenses. Une dynamique saluée par le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, qui a toutefois invité les conseillers municipaux à rester soudés à l’approche de la fin de leur mandat.

La salle de formation de la Maison de la Jeune Fille a servi de cadre, le 27 août 2026, à l’évaluation à mi-parcours du budget de la Commune d’arrondissement de Douala 2ème. Autour de Maître Denise Fampou, maire de la commune, les conseillers municipaux, les responsables de l’administration communale et les autorités de tutelle ont passé au crible l’état d’exécution du budget au 30 juin 2026.

À cette occasion, Maître Denise Fampou n’a pas seulement livré une photographie comptable de la situation de la commune. À travers les chiffres présentés, Madame le maire a surtout mis en évidence les efforts entrepris pour accroître les ressources disponibles et donner davantage de moyens à l’action municipale.

Le budget de l’exercice 2026, arrêté à 4,990 milliards de FCFA, affiche ainsi des indicateurs sensiblement meilleurs que ceux enregistrés à la même période de l’exercice précédent.

Les recettes émises se chiffrent à 1,886 milliard de FCFA, contre 1,062 milliard au 30 juin 2025. Cette évolution représente une progression de 823,8 millions de FCFA, soit 77,53 %. Quant aux recettes effectivement recouvrées, elles atteignent 1,881 milliard de FCFA, contre 1,050 milliard un an auparavant. La hausse est de 831,4 millions de FCFA, soit 79,17 %.

Une progression d’autant plus significative qu’elle intervient dans un contexte que la maire qualifie de difficile, marqué notamment par une croissance économique nationale modérée et par la transition vers un nouveau cadre de fiscalité locale.

Une stratégie davantage tournée vers les recettes propres

Derrière la progression globale des recettes, un indicateur retient particulièrement l’attention : celui des recettes propres de la commune.

Celles-ci sont passées de 302,2 millions de FCFA au premier semestre 2025 à 1,041 milliard de FCFA au 30 juin 2026, soit une spectaculaire progression de 244,55 %.

Cette évolution constitue l’un des principaux éléments permettant de comprendre la performance enregistrée par la municipalité. Elle traduit une volonté de réduire autant que possible la dépendance aux transferts et de renforcer les ressources directement générées par les activités et le patrimoine communal.

Me Denise Fampou a notamment souligné la contribution importante des loyers recouvrés dans les marchés de la municipalité. Ce poste apparaît comme l’un des leviers ayant permis d’améliorer les recettes propres. La gestion et le suivi des ressources issues des équipements marchands deviennent ainsi un enjeu central dans la stratégie financière de la commune.

À cela s’ajoute la progression des recettes fiscales. Celles-ci atteignent 614,8 millions de FCFA, contre un niveau nettement inférieur l’année précédente, soit une progression de 125,28 %. Le résultat est notamment porté par l’Impôt Général Synthétique, qui représente à lui seul 554,3 millions de FCFA et progresse de 328,7 millions, soit 145,7 %.

Cette évolution témoigne des efforts engagés pour améliorer le rendement des recettes fiscales locales. Mais Me Denise Fampou reste prudente : malgré cette progression, le rendement de l’IGS demeure, selon elle, en dessous du potentiel attendu.

L’appropriation de la nouvelle fiscalité comme levier de performance

La performance enregistrée par Douala 2ème s’inscrit également dans un contexte de réforme de la fiscalité locale. Pour l’exécutif communal, l’enjeu n’est plus uniquement de recouvrer davantage, mais aussi de mieux comprendre et appliquer les nouvelles règles afin d’élargir progressivement l’assiette des recettes.

Cette démarche explique l’importance accordée par la maire à la sensibilisation et à l’information des contribuables, ainsi qu’au renforcement du suivi de la fiscalité locale.

Pour le second semestre, la commune prévoit ainsi de poursuivre les actions d’information sur la nouvelle loi portant fiscalité locale et de mettre en place des unités de suivi de la fiscalité locale.

L’objectif est clair : améliorer durablement le rendement des ressources communales, en identifiant les gisements de recettes encore insuffisamment exploités et en assurant un meilleur suivi du recouvrement.

Cette stratégie s’accompagne toutefois d’une autre composante importante : les crédits transférés. Au 30 juin, ceux-ci représentent 339,4 millions de FCFA, participant au financement de l’action communale.

Mme le maire a néanmoins regretté l’absence, à cette date, de la Dotation générale de fonctionnement attendue de la Communauté urbaine de Douala. Selon elle, cette ressource aurait permis de renforcer davantage les marges financières de la municipalité et d’accélérer certaines opérations.

Des recettes supplémentaires transformées en actions concrètes

Pour Me Denise Fampou, l’amélioration des recettes n’a de sens que si elle se traduit par une amélioration perceptible du quotidien des populations.

C’est dans cette logique que le deuxième programme, consacré au développement économique et à la protection de l’environnement, concentre une part importante des efforts de la municipalité.

Avec 1,460 milliard de FCFA engagés sur une prévision de 2,730 milliards, ce programme affiche un taux d’exécution de 53,46 %, contre 40,22 % à la même période en 2025. Il constitue ainsi le principal moteur de l’exécution budgétaire de la commune.

Les ressources mobilisées ont notamment permis de poursuivre les travaux de construction du bloc administratif de la Cité municipale, d’assurer l’entretien des espaces verts et de poursuivre l’aménagement du jardin public de la Place de l’Indépendance.

La municipalité a également maintenu les opérations de balayage, de curage, d’entretien de la voirie et d’assainissement des espaces publics. Les véhicules et engins affectés à l’hygiène et à la salubrité font l’objet d’opérations d’entretien et de réparation destinées à préserver les capacités d’intervention de la commune.

La tractopelle, symbole d’un renforcement des moyens municipaux

Parmi les investissements présentés par Me Denise Fampou figure également l’acquisition d’une tractopelle de type 428F.

Au-delà de l’achat d’un équipement, cette opération traduit la volonté de la commune de disposer de moyens matériels propres pour répondre aux besoins croissants en matière d’assainissement, de salubrité et d’entretien des espaces publics.

Dans une ville soumise à une forte pression démographique et confrontée à des problématiques récurrentes d’entretien des voies et de gestion des déchets, disposer d’engins opérationnels constitue un atout important pour une collectivité territoriale.

La municipalité entend ainsi renforcer progressivement son autonomie opérationnelle, en complément des ressources financières qu’elle parvient à mobiliser.

Voirie, assainissement et espaces publics : une action visible

Les performances budgétaires revendiquées par l’exécutif communal trouvent également leur traduction dans les travaux engagés sur le terrain.

La commune poursuit notamment plusieurs opérations d’aménagement en pavés autobloquants, notamment sur la rue 2043, sur un linéaire de 454 mètres, ainsi que sur les rues 2029 et 2024, représentant 894 mètres, sans oublier les rues 2710 et 2775 et les abords du drain adjacent à la Cité municipale.

À ces opérations s’ajoutent le traitement curatif du boulevard des Nations Unies, au niveau du Marché de la Gare, l’aménagement d’une bretelle, ainsi que différents travaux sur les trottoirs et terre-pleins.

La commune a également engagé l’aménagement de sites de regroupement et de traitement des déchets dans les quartiers Bafia et Bois des Singes.

L’ensemble de ces opérations donne une dimension concrète aux chiffres présentés devant le Conseil municipal : les recettes supplémentaires sont progressivement orientées vers des équipements et services susceptibles d’améliorer le cadre de vie.

Des performances qui ne masquent pas les secteurs à accélérer

Me Denise Fampou n’a toutefois pas présenté une situation uniforme. Les quatre programmes communaux connaissent des niveaux d’exécution différents.

Le programme consacré à l’offre des services sociaux de base affiche un taux d’exécution de 21,31 %. Les crédits engagés ont notamment permis la commande de matériel didactique et de tables-bancs pour les écoles primaires, ainsi que la réhabilitation de six salles de classe, d’un bureau et de toilettes à l’école maternelle et primaire anglophone du Camp Berteaud.

Des campagnes de désinsectisation et de dératisation ont également été conduites dans plusieurs quartiers.

Le programme consacré à la promotion de la citoyenneté, du sport, de la jeunesse et de la culture reste en revanche à un niveau plus modeste, avec un taux d’exécution de 10,03 %. La municipalité a notamment pris en charge l’entretien de la pelouse du Stade municipal Fampou David Dagobert et certaines activités liées à la Fête de la jeunesse.

Cette situation constitue l’un des points sur lesquels l’exécutif municipal devra accélérer au cours du second semestre.

Le préfet salue une trajectoire «appréciable»

Au terme de la session, le préfet du département du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, a livré une appréciation positive du travail réalisé.

Pour l’autorité de tutelle, les résultats présentés sont «appréciables» et méritent d’être consolidés. Il a particulièrement relevé le bond réalisé par la commune en matière d’exécution budgétaire, passée d’environ 17 % à la même période de l’exercice précédent à près de 40 % au premier semestre 2026.

Le préfet a replacé cette progression dans son contexte : morosité de l’économie mondiale, répercussions sur l’économie nationale et mise en œuvre d’un nouveau cadre légal en matière de fiscalité locale.

Selon lui, l’appropriation progressive de cette réforme et les mécanismes d’assouplissement mis en œuvre par l’État permettent désormais aux collectivités de mieux percevoir les avantages attendus de la réforme.

Il s’est ainsi dit confiant quant à la poursuite de la dynamique de décentralisation dans le département du Wouri.

L’unité du conseil municipal comme condition du bilan

Mais l’intervention du préfet ne s’est pas limitée aux questions financières. À l’approche de la fin du mandat des conseillers municipaux, il les a invités à ne pas laisser les ambitions personnelles prendre le dessus sur leur responsabilité collective.

Le message est explicite : les conseillers ont été élus pour servir les populations et devront, ensemble, leur présenter le bilan de la mandature.

Pour Sylyac Marie Mvogo, la proximité des prochaines échéances ne doit donc pas conduire à la dispersion ou aux divisions au sein du conseil municipal.

L’autorité de tutelle entend, pour sa part, continuer à jouer son rôle de garde-fou, de conseil, d’orientation et d’accompagnement auprès de la commune.

En citant un adage béti selon lequel «le lit du cours d’eau n’a pas cheminé droit parce qu’il a cheminé seul», le préfet a résumé sa vision de la collaboration entre la commune et sa tutelle : les performances locales reposent aussi sur la capacité des différents acteurs à travailler ensemble.

Un second semestre placé sous le signe de l’accélération

À Douala 2ème, les chiffres du premier semestre dessinent donc une trajectoire encourageante, sans pour autant signifier que tous les objectifs sont atteints.

La priorité est désormais de transformer la progression des recettes en davantage de réalisations, d’améliorer encore le rendement fiscal, de poursuivre les opérations d’assainissement et d’accélérer les projets inscrits au Plan d’Investissement Annuel.

Pour Me Denise Fampou, la logique reste celle d’une chaîne de performance : mieux mobiliser les recettes, renforcer les capacités d’intervention de la commune, améliorer la qualité de la dépense et, au bout du processus, produire des résultats visibles pour les populations.

Avec des recettes propres en forte progression, un programme d’investissement qui dépasse déjà 53 % d’exécution et une amélioration globale du niveau d’exécution budgétaire, Douala 2ème veut aborder la seconde moitié de l’exercice avec davantage de moyens et d’ambition.

Le défi sera désormais de maintenir cette dynamique jusqu’à la fin de l’exercice et de faire de ces performances financières un véritable bilan de proximité au bénéfice des populations.

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