Sélections nationales : la gestion financière confiée au ministère des Sports
La gouvernance sportive au Cameroun connait une importante refonte à travers une circulaire du Premier ministre datée du 31 décembre 2024, qui centralise désormais la gestion financière des sélections nationales et des compétitions sportives tant nationales qu’internationales au sein du ministère des Sports. Cette mesure, qui signe un changement de paradigme, suscite de vives interrogations quant à son application concrète et à ses répercussions sur le fonctionnement des fédérations sportives, notamment la Fecafoot.
Le sport camerounais entre dans une nouvelle ère avec la décision de centraliser la gestion financière de ses sélections nationales. Cette décision, entérinée par la loi des finances 2025, marque un virage profond dans l’organisation du secteur sportif au Cameroun. Auparavant, la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), tout comme les autres fédérations sportives, assurait la gestion de ses propres ressources financières. Désormais, c’est le ministère des Sports qui détient la responsabilité totale de l’allocation des fonds dédiés aux compétitions nationales et à la participation du Cameroun aux échéances internationales.
L’article 171 de la circulaire, précisant cette importante réforme, stipule que les besoins financiers seront exprimés par les présidents des fédérations sportives, mais que les fonds correspondants seront mis à la disposition et gérés par le ministère chargé des Sports. Ce transfert de compétences, loin d’être anodin, représente un changement majeur de la chaîne de décision et de la répartition des responsabilités.
Cette centralisation des ressources vise, selon l’argumentation officielle, à améliorer le contrôle et la transparence de l’utilisation des fonds publics consacrés au sport. Le but est d’éviter les dérives financières et d’assurer une gestion plus efficace des ressources. L’objectif est aussi d’harmoniser les politiques sportives dans le cadre d’une stratégie globale définie par le gouvernement. Une gestion plus transparente, basée sur des critères objectifs, devrait ainsi être mise en place. La centralisation devrait permettre une meilleure coordination des actions des différentes fédérations et un meilleur alignement des politiques sportives sur les priorités nationales.
Ce changement de gouvernance financière, pourtant motivé par des intentions claires, suscite toutefois un certain scepticisme et de vives inquiétudes. Les fédérations sportives, habituées à une certaine autonomie, pourraient voir leur marge de manœuvre réduite. La crainte d’une bureaucratisation excessive des procédures et d’une lenteur accrue dans l’approvisionnement des moyens financiers est prévisible.
Des réactions variées et ambivalentes se manifestent déjà. Certains observateurs voient dans cette centralisation l’opportunité d’une meilleure gestion des ressources et d’une meilleure coordination des efforts. D’autres craignent un processus complexe et des retards potentiels qui pourraient affecter les performances sportives du Cameroun. La réussite de cette refonte dépendra, selon les analystes, de la capacité du ministère des Sports à mettre en place des mécanismes de suivi et de contrôle efficaces assortis de rigueur. Une collaboration constructive avec les fédérations et une communication claire et transparente sont essentielles pour éviter les malentendus et pour faire en sorte que les objectifs de la centralisation soient atteints.
Des partenariats et initiatives appropriés tels que des réunions de travail et des conférences avec les différents acteurs de la scène sportive camerounaise seraient primordiaux pour une bonne application de cette nouvelle structure financière. Il reste à voir comment cette nouvelle organisation sera mise en pratique, comment seront gérés les imprévus et comment le Ministère des Sports entend concilier l’efficacité administrative avec le respect de l’autonomie des fédérations sportives et des équipes.
L’avenir immédiat et les perspectives du sport camerounais dépendent, en grande partie, de la capacité du gouvernement à gérer la transition et la collaboration efficace entre les différentes parties prenantes. L’expérience des prochaines semaines voire des mois sera déterminante pour apprécier la réelle portée et l’impact de cette réforme tant attendue.

