Corridors stratégiques d’Afrique centrale : le Cameroun et Expertise France renforcent leur coopération
Le Cameroun veut consolider sa position de carrefour logistique en Afrique centrale. C’est dans cette perspective que le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a reçu le 12 juin dernier à Yaoundé une délégation d’Expertise France conduite par son secrétaire général, Tristan Cazin. Au centre des discussions : le suivi du partenariat entre les deux parties et l’accélération de la mise en œuvre du projet «Corridors stratégiques d’Afrique centrale» (CORAX 5 et 6), financé par l’Union européenne.
Cette rencontre a permis de réaffirmer la volonté commune de moderniser les grands axes de transit régionaux afin d’en faire de véritables leviers de développement économique. Face à ses hôtes, le ministre des Transports a rappelé le rôle stratégique du Cameroun dans les échanges sous-régionaux, notamment à travers ses infrastructures portuaires, routières et ferroviaires qui desservent plusieurs pays enclavés de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Pour Expertise France, le projet CORAX représente un instrument majeur d’intégration régionale. Présentant les ambitions de cette initiative, Tristan Cazin a expliqué qu’elle vise à améliorer la circulation des biens et des personnes sur les principaux corridors d’Afrique centrale, tout en renforçant leur efficacité économique et leur durabilité environnementale. L’enjeu est de transformer ces axes de transport en espaces intégrés capables de soutenir la compétitivité des économies de la sous-région.

Les échanges ont mis en évidence plusieurs défis qui continuent de freiner la fluidité du commerce régional. Il s’agit notamment des lenteurs observées aux postes-frontières, des multiples contrôles administratifs, des difficultés de connectivité entre les différents modes de transport ainsi que de l’insuffisance de certaines infrastructures logistiques. Autant de problématiques auxquelles le projet entend apporter des réponses concrètes.
Au-delà de la dimension économique, les partenaires ont également accordé une attention particulière aux questions environnementales. La réduction de l’empreinte carbone des activités de transport, l’optimisation des flux logistiques et l’intégration progressive des normes de développement durable figurent parmi les priorités identifiées. Le renforcement des capacités des petites et moyennes entreprises évoluant dans la chaîne logistique constitue également un axe important de l’initiative.
Au cours de la séance de travail, les responsables techniques du ministère des Transports ont présenté l’état d’avancement des réformes engagées dans le secteur ainsi que les projets structurants en cours d’exécution. Ces échanges ont permis d’évaluer les progrès réalisés dans l’amélioration de la compétitivité des corridors camerounais et de mesurer les efforts restant à fournir pour accroître davantage l’attractivité du pays en tant que plateforme logistique régionale.

Soucieux d’assurer une meilleure cohérence des interventions, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè a insisté sur la nécessité de capitaliser les acquis déjà enregistrés et de renforcer la coordination entre les différents partenaires techniques et financiers présents dans le secteur. Une démarche qui, selon lui, permettra d’éviter les doublons et de maximiser l’impact des projets mis en œuvre.
Pour donner une traduction concrète à cette volonté, le ministre a prescrit la mise en place d’un groupe technique mixte associant les experts du ministère des Transports et ceux d’Expertise France. Placée sous la supervision du Conseiller technique n°1 du ministère, cette instance sera chargée d’assurer le suivi des travaux et de formuler des propositions destinées à accélérer la modernisation des corridors stratégiques de la sous-région.
Cette audience marque ainsi une nouvelle étape dans la coopération entre le Cameroun et Expertise France, avec en ligne de mire l’amélioration de la connectivité régionale et le renforcement de l’intégration économique en Afrique centrale.


