Tournoi de la Paix : Douala 2ème lance sa 16ème édition sous le signe du vivre-ensemble et de la renaissance de New-Bell
La somptueuse salle de la Maison de la Jeune Fille Chantal Biya a servi de cadre, dans la soirée du 3 août 2026, à la cérémonie officielle de tirage au sort du Tournoi de la Paix de Douala 2ème. Un rendez-vous solennel qui ouvre la voie à la 16ème édition de cette compétition de vacances, dont le coup d’envoi sera donné le 6 août prochain au stade Fampou Dagobert.
Parlementaires, autorités administratives et sportives, élus locaux, chefs traditionnels, partenaires et entraîneurs des jeunes sportifs ont répondu présents à cette cérémonie qui, au-delà du simple tirage au sort des équipes, a réaffirmé la vocation citoyenne d’un tournoi devenu, au fil des années, un véritable instrument de cohésion sociale.


Prenant la parole, le maire de Douala 2ème, Me Denise Fampou, est revenue sur les seize années d’existence de cette initiative qu’elle présente comme le fruit d’une volonté constante de fédérer les populations autour de la paix.
«Seize années, il ne s’agit ni de seize jours, ni de seize semaines, encore moins de seize mois. Seize années, il fallait le faire. Il faut oser, mais il faut également faire preuve de persévérance», a-t-elle déclaré, rappelant que cette aventure n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.
Pour l’édile, le football s’est imposé comme le meilleur langage pour rapprocher les communautés d’un arrondissement marqué par sa diversité culturelle et religieuse.
«Il fallait mettre en place quelque chose capable de fédérer tous les enfants de Douala II, quelles que soient leurs origines ou leurs confessions religieuses… Aujourd’hui, il s’agit de rassembler les enfants des 33 quartiers autour de cet idéal afin que nous célébrions ensemble le vivre-ensemble qui nous est si cher», a-t-elle souligné.
Très attachée à son arrondissement d’origine, Me Denise Fampou a ensuite livré un témoignage personnel sur la profonde mutation de New-Bell, longtemps associé à une image dévalorisante. «Je suis une enfant de New-Bell à cent pour cent. Rien ne pourra jamais me retirer cette identité. New Bell coule dans mes veines et j’ai à cœur qu’il demeure dans la paix afin qu’il connaisse la prospérité, le développement et qu’il continue de faire notre fierté.»
Évoquant le changement de perception de cet arrondissement, elle a rappelé qu’il fut un temps où nombre de ses habitants cachaient leurs origines. «Hier encore, certains avaient honte de dire qu’ils venaient de New-Bell. Aujourd’hui, j’entends avec fierté des personnes, partout dans le monde, affirmer qu’elles sont originaires de New-Bell. Il y a quelques années, cela semblait impossible.»
Le maire a illustré cette transformation par l’exemple de Nkolmitag, devenu Bonadiwoto, aujourd’hui considéré comme l’un des secteurs les plus prisés de l’arrondissement. «Autrefois, lorsqu’un jeune homme raccompagnait une jeune fille de Nkolmitag jusqu’au carrefour Saint-Michel, celle-ci lui demandait souvent de la laisser là parce qu’elle avait honte de dire qu’elle habitait Nkolmitag. Aujourd’hui, Nkolmitag est devenu Bonadiwoto, l’un des quartiers les plus huppés de Douala II. Désormais, ces mêmes personnes, lorsqu’elles me rencontrent au Cameroun ou à l’étranger, me disent avec fierté : « Madame le Maire, je suis de Nkolmitag-Bonadiwoto ».»
Pour Me Denise Fampou, cette évolution traduit l’ambition poursuivie depuis plusieurs années par la commune : «C’est cette transformation que nous avons voulue pour Douala II : que plus personne n’ait honte de dire qu’il appartient à cette communauté.»
En conclusion, Me Denise Fampou a lancé un vibrant appel à préserver la paix, établissant un parallèle avec le message du Chef de l’État : «Le président Biya a déclaré être un mendiant de la paix pour le Cameroun. Pour ma part, je suis une mendiante de la paix pour Douala 2ème.»


Mascotte du Tournoi de la Paix, Sa Majesté Joseph-Antoine Bell a, pour sa part, livré une intervention empreinte d’émotion. L’ancien gardien des Lions Indomptables est revenu sur les actes de vandalisme ayant récemment touché l’arrondissement, confiant avoir redouté leurs conséquences sur les activités destinées aux jeunes.
«Lorsque j’ai appris que Douala II avait été saccagée, je me suis demandé ce qui pouvait bien habiter le cœur de certains hommes… J’ai craint que ces actes de vandalisme ne mettent un coup d’arrêt aux activités destinées aux jeunes pendant les vacances», a-t-il déclaré.
Découvrant la Maison de la Jeune Fille Chantal Biya, Joseph-Antoine Bell n’a pas caché son admiration pour cette infrastructure communale, saluant la vision de l’exécutif municipal.
«Je ne pouvais pas imaginer que Douala 2ème disposait d’un tel cadre… Beaucoup voyagent, découvrent de belles réalisations ailleurs, puis reviennent en disant : « Nous n’avons pas les moyens. » Ce n’est pas vrai. Le premier moyen, c’est la volonté.»

L’ancienne gloire du football camerounais a surtout rappelé que le Tournoi de la Paix dépasse largement le cadre sportif.
«Le football n’est qu’un prétexte. Ce qui compte, c’est tout ce que l’on peut construire grâce au football. Il permet de transmettre des valeurs, de former des citoyens et de préparer l’avenir.»

S’adressant aux encadreurs et aux jeunes, il les a invités à faire du tournoi une véritable école de citoyenneté.
«L’objectif de la mairie n’est pas simplement d’organiser un tournoi de football. Son ambition est d’occuper les enfants intelligemment, de leur offrir des activités enrichissantes et de leur faire comprendre que les aînés ont le devoir de prendre soin des plus jeunes.»


Entre témoignages, hommages et appels à la responsabilité collective, cette soirée de tirage au sort a donné le ton d’une 16ème édition résolument tournée vers la promotion du vivre-ensemble. Les équipes connaissent désormais leurs adversaires et peuvent entamer la dernière ligne droite de leur préparation.

Tous les regards sont désormais tournés vers le stade Fampou Dagobert, où sera donnée, le 6 août 2026, la cérémonie officielle d’ouverture du Tournoi de la Paix, événement sportif et citoyen qui, depuis seize éditions, fait du football un puissant levier d’éducation, de fraternité, de paix et de transformation sociale à Douala 2ème.



