Journée de l’enfant africain 2026 : le Pr James Mouangue Kobila appelle à garantir l’accès à l’eau et à protéger davantage les enfants
À l’occasion de la Journée de l’enfant africain célébrée le 16 juin 2026, le président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC), le Pr James Mouangue Kobila, a lancé un appel pressant en faveur d’un accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour tous les enfants. Dans une déclaration officielle, il a également exprimé sa profonde inquiétude face à la recrudescence des violences contre les mineurs, plaidant pour une application rigoureuse des lois et une mobilisation accrue de l’ensemble des acteurs publics et sociaux.
Placée cette année sous le thème «Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique», la Journée de l’enfant africain offre, selon le président de la CDHC, l’occasion de rappeler que l’accès à ces services essentiels demeure un préalable à la réalisation effective des droits fondamentaux de l’enfant.
L’eau et l’assainissement, des droits fondamentaux
Dans sa déclaration, le Pr James Mouangue Kobila souligne que l’eau, l’assainissement et l’hygiène ne relèvent pas uniquement des politiques de développement, mais constituent des droits humains fondamentaux étroitement liés à la santé, à l’éducation, à la dignité et au bien-être des enfants. Il rappelle à cet effet que le droit à un environnement sain est consacré par la Constitution camerounaise et que les engagements internationaux du Cameroun reconnaissent également le droit à l’eau et à l’assainissement.

Le président de la CDHC salue les efforts entrepris par les pouvoirs publics et leurs partenaires pour améliorer l’accès des populations à l’eau potable. Il met notamment en avant la mise en œuvre de la Politique nationale de l’eau ainsi que les ambitions du Compact national Eau 2026-2030, destiné à accélérer l’accès universel à l’eau potable et aux services d’assainissement.
Des progrès enregistrés, mais des inégalités persistantes
Toutefois, le constat demeure préoccupant. Selon les données rappelées par la Commission, environ 70 % seulement de la population a accès à l’eau potable, avec de fortes disparités entre les zones urbaines et rurales. La situation est encore plus critique en matière d’assainissement, où moins d’un Camerounais sur deux dispose d’installations sanitaires de base.

Pour le président de la CDHC, ces chiffres traduisent l’urgence de renforcer les investissements dans les infrastructures d’eau et d’assainissement, particulièrement dans les zones rurales où les enfants demeurent les premières victimes de ces insuffisances.
La montée inquiétante des violences contre les enfants
Au-delà de cette problématique, le Pr James Mouangue Kobila consacre une large part de sa déclaration à la situation alarmante des enfants victimes de violences. Il dénonce avec fermeté la recrudescence des infanticides, des filicides, des mutilations génitales féminines et d’autres formes de violences physiques, psychologiques, sexuelles et intrafamiliales.
Pour le président de la CDHC, ces actes constituent des atteintes graves aux droits fondamentaux des enfants et représentent une menace pour la cohésion sociale. Il estime que l’enfance ne doit jamais devenir « un espace de peur, de souffrance et de silence », mais plutôt un cadre d’épanouissement, de protection et d’espoir.
Le responsable de l’institution nationale des droits de l’homme se félicite des mesures annoncées récemment par le Gouvernement à la suite de plusieurs cas d’infanticides qui ont profondément ému l’opinion publique. Il salue également le renforcement de la coopération entre la CDHC et le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, notamment autour de la protection des enfants en détresse, de la vulgarisation des lignes d’assistance et de l’amélioration de la prise en charge des victimes.

Une action portée au niveau national et continental
Dans le même élan, le Pr James Mouangue Kobila met en lumière les actions menées par la Commission sur le plan continental. Il évoque notamment l’accord-cadre signé en avril dernier au Lesotho avec le Comité africain d’experts sur les Droits et le bien-être de l’enfant, une initiative visant à renforcer la participation des enfants et les mécanismes de redevabilité accessibles aux jeunes Africains.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté de faire davantage entendre la voix des enfants dans les politiques publiques qui les concernent et de renforcer les mécanismes de protection à l’échelle du continent.
Un appel à la fermeté contre l’impunité
Face à la montée des violences, le président de la CDHC plaide pour une réponse ferme des institutions de l’État. Il recommande au Gouvernement, au Parlement et au pouvoir judiciaire de renforcer la répression des crimes commis contre les enfants, en veillant à ce que les auteurs d’infanticides et d’autres actes de violence fassent systématiquement l’objet de poursuites rapides et de sanctions exemplaires.
La Commission appelle également le ministère des Affaires sociales à garantir l’aménagement d’infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement adaptées aux enfants en situation de handicap dans les établissements publics.

Garantir l’avenir des enfants africains
À travers cette déclaration, le Pr James Mouangue Kobila rappelle que la protection des enfants ne saurait être dissociée de l’accès aux services essentiels et du respect de leurs droits fondamentaux. Pour lui, garantir à chaque enfant l’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’hygiène et à un environnement protecteur constitue l’une des conditions indispensables à la construction d’un Cameroun plus juste et plus solidaire.
Au-delà de la commémoration, la Journée de l’enfant africain apparaît ainsi comme un appel à l’action collective en faveur d’une enfance protégée, écoutée et pleinement épanouie.


