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Corridor Douala-Ndjamena : El Hadj Oumarou propulse le BGFT au cœur de la révolution logistique en Afrique centrale

Le Bureau de Gestion du Fret Terrestre (BGFT) a accueilli à Douala, du 11 au 13 juin 2026, une importante mission d’appui de la Banque mondiale dans le cadre du Projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor rail-route Douala-Ndjamena (PCDN). Au cœur des échanges, figurait l’évaluation des activités du projet, l’examen du rapport diagnostic élaboré par le cabinet SERVOO SARL ainsi que la présentation opérationnelle  de LANDFREIGHTiS+, la nouvelle plateforme numérique développée sous l’impulsion du BGFT.

Le corridor Douala-Ndjamena demeure plus que jamais l’une des infrastructures économiques les plus stratégiques d’Afrique centrale. Véritable poumon des échanges  sous-régionaux  et principale porte d’accès maritime du Tchad, cet axe a enregistré en 2025 un trafic exceptionnel de 1,8 million de tonnes de marchandises transportées à travers plus de 72 000 rotations de camions. Une progression spectaculaire de 63 % entre 2023 et 2025 qui traduit l’intensification des échanges commerciaux, mais révèle également les nombreuses contraintes qui continuent de freiner la fluidité du transport terrestre.

C’est dans ce contexte que le Bureau de Gestion du Fret Terrestre (BGFT) a accueilli à Douala, du 11 au 13 juin 2026, une importante mission d’appui de la Banque mondiale dans le cadre du Projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor rail-route Douala-Ndjamena (PCDN).

Conduite par Jean-Philippe Garçon, Rachidetou Chumbe Touondounko et Jean Kanyamuhanda, l’équipe d’experts a tenu une séance de travail déterminante le 12 juin avec les principaux acteurs du corridor, notamment le Ministère des Transports, la Direction générale des Douanes, le Comité national de facilitation des échanges et le BGFT.

Au cœur des échanges figurait l’évaluation des activités du projet, l’examen du rapport diagnostic élaboré par le cabinet SERVOO SARL ainsi que la présentation opérationnelle de LANDFREIGHTiS+, la nouvelle plateforme numérique développée sous l’impulsion du BGFT.

El Hadj Oumarou, artisan de la transformation numérique

À l’ouverture des travaux, El Hadj Oumarou a donné le ton en rappelant l’urgence d’adapter les mécanismes de gestion du fret aux exigences modernes du commerce international.

«Lorsque le rythme du tam-tam change, le danseur avisé change de pas. Le temps du papier, des files d’attente et des déplacements inutiles est derrière nous. On améliore un corridor avec la dématérialisation, la traçabilité et l’interopérabilité», a-t-il déclaré devant les représentants de l’institution de Bretton Woods.

Au-delà de la formule, cette vision s’est progressivement traduite par des réalisations concrètes. Sous sa coordination, le BGFT s’est imposé comme l’un des organismes les plus avancés de la sous-région en matière de digitalisation logistique.

L’institution a notamment développé et financé sur fonds propres une présence numérique interconnectée couvrant l’ensemble du corridor, là où plusieurs administrations partenaires continuent de fonctionner avec des équipements insuffisants, voire des registres manuscrits.

Cette avance technologique a été saluée lors de la mission de la Banque mondiale qui a identifié le BGFT comme l’acteur le plus performant du corridor en matière de transformation numérique.

LANDFREIGHTiS+, une innovation au service de la compétitivité

Pièce maîtresse de cette stratégie, la plateforme LANDFREIGHTiS+ marque une nouvelle étape dans la modernisation du transport terrestre.

L’outil permet désormais la prise en charge intégrale du processus logistique : déclaration électronique du fret, émission instantanée des lettres de voiture dématérialisées, paiements sécurisés, appairage intelligent entre cargaisons et véhicules, génération de QR Codes sécurisés ainsi que suivi géolocalisé des convois en temps réel.

Pour les commissionnaires agréés en douane, les transitaires et les transporteurs, les bénéfices sont immédiats : réduction drastique des déplacements physiques, accélération des procédures administratives, meilleure visibilité des coûts et renforcement de la transparence des opérations.

En transférant une grande partie des démarches directement vers les opérateurs économiques, le BGFT contribue à réduire les lourdeurs administratives qui pénalisent depuis des décennies la compétitivité du corridor.

Un diagnostic sans concession

La rencontre a également permis la restitution du rapport diagnostic réalisé par le cabinet SERVOO SARL dans le cadre du Crédit IDA n°70360-CM.

Fruit d’une enquête approfondie menée sur les 1 150 kilomètres du corridor, l’étude met en lumière plusieurs dysfonctionnements majeurs.

Le premier concerne la congestion portuaire. Le séjour moyen d’un conteneur au port de Douala atteint 16 jours ouvrables, dont près de 70 % sont imputables aux procédures administratives.

Le rapport dénonce également la multiplication des contrôles routiers avec 64 points d’arrêt recensés entre Douala et Bogdibo, générant plusieurs heures de retard et des coûts additionnels importants pour les transporteurs.

Autre faiblesse relevée : l’absence d’interconnexion entre les différents systèmes d’information opérant sur le corridor. Malgré la présence de seize plateformes numériques, celles-ci fonctionnent encore de manière isolée, imposant souvent un retour aux procédures papier.

Les infrastructures physiques restent elles aussi préoccupantes. Plus des trois quarts du tronçon Douala-Ngaoundéré présentent un état de dégradation avancé, limitant la vitesse commerciale moyenne à seulement 15 km/h.

Une feuille de route ambitieuse

Pour corriger ces insuffisances, le rapport formule quarante-quatre recommandations opérationnelles et propose une feuille de route de quatre-vingts jours ouvrables placée sous la maîtrise d’ouvrage du BGFT.

Les principales actions concernent l’interconnexion de LANDFREIGHTiS+ avec les systèmes du BNFT, l’intégration des bases de données du Ministère des Transports, le renforcement des échanges avec la plateforme e-GUCE ainsi que le déploiement d’un tableau de bord partagé du corridor.

Le document recommande également la création d’un datacenter de niveau international au profit du BGFT afin de garantir la souveraineté et la sécurité des données logistiques régionales.

Le BGFT au centre des réformes régionales

Au terme de la mission, un constat s’est imposé aux experts de la Banque mondiale : le Bureau de Gestion du Fret Terrestre apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux moteurs de la modernisation logistique en Afrique centrale.

Porté par la vision de son Coordonnateur Général, El Hadj Oumarou, l’organisme s’est positionné à l’avant-garde des réformes destinées à fluidifier les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Tchad.

Alors que les États de la CEMAC et les partenaires techniques et financiers mobilisent d’importants investissements pour moderniser les infrastructures routières et ferroviaires, le BGFT entend jouer un rôle central dans l’intégration numérique du corridor.

À travers LANDFREIGHTiS+, ce n’est plus seulement un outil de gestion qui se déploie, mais une nouvelle architecture du commerce régional. Une transformation appelée à réduire les délais, à améliorer la compétitivité des économies de la sous-région et à faire du corridor Douala-Ndjamena un véritable levier de prospérité partagée.

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