Construction d’une raffinerie à Kribi : la solution de la SNH pour réduire les importations de carburants
L’arrêt prolongé des activités de la Sonara a accentué la dépendance énergétique que la Société nationale des hydrocarbures entend réduire par la construction d’une raffinerie dans la zone industrialo-portuaire de Kribi.
Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2019, la Sonara (Société nationale de raffinage) est frappée par un grave incendie qui ravage 04 de ses 13 unités de production. Installée à Limbé dans la Région du Sud-Ouest depuis 1976 et inaugurée en 1981, l’entreprise qui se chargeait de l’approvisionnement du Cameroun en produits divers tels que le butane, l’essence, le kérosène, le carburéacteur, le gazole et le fioul connait un arrêt d’activités. Pour contrer la dépendance totale du Cameroun aux importations de produits finis, l’Etat avait alors envisagé des travaux de reconstruction estimés à 250 milliards de Fcfa.
Six années après le drame, lesdits travaux n’ont toujours pas démarré. Mais c’est du côté de Kribi dans la région du Sud que l’espoir pourrait renaitre. En effet, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) annonce la mise en œuvre imminente d’un projet baptisé CSTAR Refinery. Il s’agit de l’implantation d’une nouvelle raffinerie dans la zone industrialo-portuaire de Kribi. Des sources concordantes révèlent que les travaux de construction pourraient démarrer dans les prochaines semaines et devraient s’achever après 18 mois. En tout cas, la mise en service de la CSTAR Refinery est prévue en 2028. A en croire la SNH, un accord cadre a déjà été trouvé avec l’autorité portuaire de Kribi pour la sécurisation du site devant abriter les installations de la nouvelle entreprise.
Au cours des travaux de son premier conseil d’administration, la CSTAR a opté pour la création d’une société de projet (SPV) pour implémenter le projet. La SPV est détenue à 65 % par la SNH et 35 % par Ariana Energies. La SPV sera régie par le droit anglais, avec un arbitrage international basé à Dubaï ou Singapour. Une Joint Operating Company assurera ensuite l’exploitation de la raffinerie.
Il s’agira d’une raffinerie moderne dotée d’équipements de pointe de type modulaire. Elle couvrira une superficie 250 hectares pour une production estimée à 30.000 barils par jour. Pour assurer la diligence des travaux, les équipements seront préfabriqués à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, avant d’être assemblés surplace à Kribi. La CSTAR Refinery traitera principalement le brut camerounais qui sera extrait du champ pétrolifère d’Ebome. Les promoteurs indiquent que le projet permettra de réduire de 30 % les importations de carburants, tout en favorisant des économies estimées à 400 milliards de Fcfa par an pour l’Etat du Cameroun. Sont en outre attendus, 2.000 emplois directs et 5.000 emplois indirects, assortis d’un transfert de compétences vers les ingénieurs et techniciens locaux.
Selon les prévisions et au-delà de la réduction des importations de carburants, le projet pourrait injecter 600 milliards de Fcfa par an dans la balance des paiements du Cameroun et faire engranger à l’Etat 141 milliards de Fcfa provenant des exportations de carburants marins, indiquent les sources proches du dossier.

