Transport par moto-taxis : Dr Roger Mbassa Ndinè prescrit le port obligatoire des chasubles
À Douala, le temps de la complaisance semble révolu. Face aux dérives persistantes dans le secteur des moto-taxis, la Communauté Urbaine de Douala (CUD) amorce une réforme d’envergure, articulée autour de la discipline, de la modernisation et d’une responsabilité partagée. Une initiative qui pourrait marquer un tournant décisif dans la gestion du transport urbain de la capitale économique.
Le signal fort a été donné le 26 janvier 2026. Par communiqué radio-presse, le maire de la ville, Roger Mbassa Ndinè, a rappelé avec fermeté que l’activité de moto-taxi ne saurait prospérer dans l’anarchie. Dans une ville où ces engins à deux roues constituent un maillon essentiel de la mobilité quotidienne, l’enjeu est de taille : restaurer l’ordre sans asphyxier un secteur vital pour des milliers de familles.
La chasuble, nouveau symbole d’autorité
Au cœur de cette réforme, un signe distinctif appelé à devenir emblématique : la chasuble homologuée aux couleurs officielles, bleu et jaune. Désormais obligatoire, elle n’est plus un simple accessoire vestimentaire, mais le symbole d’un engagement formel envers la sécurité, la réglementation et le respect de l’espace public.
Dans les quartiers stratégiques d’Akwa et de Bali, véritables vitrines économiques de Douala, la tolérance zéro est annoncée. L’objectif affiché est clair : offrir un centre-ville à l’image des ambitions métropolitaines de la cité portuaire — organisé, sécurisé et attractif pour les investisseurs comme pour les usagers.
Encadrer pour professionnaliser
La réforme ne se limite pas à un durcissement des contrôles. Sous la coordination de Mme Arlette Alemoka, Directrice de la Police municipale, les présidents nationaux des syndicats ont été associés au processus. L’approche se veut inclusive : il ne s’agit pas seulement de sanctionner les contrevenants, mais de transformer le secteur en un véritable corps professionnel structuré.
Des responsables syndicaux, tels que Tita Augustine (SYPROSITAC) et Issa Kabirou (SYNPROMOTOCAM), ont publiquement salué l’initiative. Selon eux, cette réorganisation protège autant les conducteurs que les usagers, en clarifiant les règles du jeu et en réduisant les abus qui ternissent l’image de la profession.

Cap sur la digitalisation
L’innovation majeure réside toutefois dans la digitalisation progressive du secteur. La CUD introduit un dispositif articulé autour de trois axes :
– un enrôlement simplifié via une plateforme numérique ;
– l’attribution d’un code marchand à chaque conducteur enregistré ;
– l’introduction graduelle du paiement électronique.
Cette modernisation vise plusieurs objectifs : réduire les conflits liés à la monnaie, améliorer la traçabilité des transactions et intégrer les conducteurs dans l’économie formelle. À terme, elle pourrait également faciliter l’accès au crédit ou à des services sociaux pour ces acteurs longtemps cantonnés à l’informel.
Un tournant pour la mobilité urbaine
Au-delà des mesures techniques, la réforme engagée par la Communauté urbaine traduit une volonté politique affirmée : reprendre le contrôle d’un secteur stratégique et redéfinir les standards du transport urbain à Douala.
Reste à savoir si l’application sur le terrain suivra l’ambition affichée. Mais une chose est certaine : à Douala, l’heure n’est plus aux demi-mesures. Le secteur des moto-taxis est désormais sommé d’entrer dans une nouvelle ère, celle de l’ordre, de la responsabilité et de la modernité.

