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Transports routiers des marchandises : le mot d’ordre de grève levé

Après une réunion de concertation tenue dimanche 23 août 2026 à Yaoundé, le Gouvernement et les syndicats du sous-secteur des transports routiers des marchandises sont parvenus à un accord. Plusieurs mesures destinées à réduire les tracasseries, encadrer les contrôles et répondre aux préoccupations des transporteurs ont été arrêtées. La reprise des activités est effective dès ce lundi 24 août.

Le bras de fer n’aura finalement pas débouché sur une paralysie prolongée du secteur des transports routiers. Réunis en urgence le dimanche 23 août 2026 autour du Ministre des Transports, Jean-Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, les représentants du Gouvernement et les responsables de la plateforme des syndicats du sous-secteur des transports routiers des marchandises ont trouvé un terrain d’entente.

Autour de la table figuraient également le Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, Grégoire Owona, le Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, ainsi que le Secrétaire d’État auprès du Ministre des Travaux publics chargé des routes, Armand Ndjodom. Au terme des échanges, les syndicats ont officiellement levé leur mot d’ordre de grève. Les transporteurs sont ainsi invités à reprendre normalement leurs activités dès ce lundi 24 août.

Des mesures pour apaiser les tensions

Parmi les principaux acquis de cette concertation figure la question de la licence S6 et du transport pour compte propre. La délivrance de cette licence est suspendue jusqu’à nouvel ordre. Un comité interministériel placé auprès de la Primature sera par ailleurs mis en place afin de procéder à une relecture du décret de 2022, à l’origine de plusieurs préoccupations exprimées par les professionnels du secteur.

La question des contrôles routiers a également fait l’objet d’un encadrement précis. Sur le corridor Douala-N’Djamena, les contrôles de marchandises seront désormais strictement limités aux quatre checkpoints conventionnels. Sur le corridor Douala-Bangui, trois checkpoints sont retenus.

Autre décision majeure : les équipes de prévention routière du Ministère des Transports ne sont plus autorisées à percevoir des amendes forfaitaires. Une mesure qui répond directement aux récriminations des transporteurs concernant les pratiques assimilées à des tracasseries sur les axes routiers.

Le pesage des véhicules réaménagé

Les mesures arrêtées concernent également le pesage et le contrôle des véhicules. La pesée des camions-citernes dans les stations de pesage est suspendue. Dans le même temps, les pèse-essieux mobiles sont retirés de l’axe Edéa-Kribi.

Les contrôles de gabarit seront, pour leur part, limités aux stations dans lesquelles l’ensemble des administrations concernées sont représentées. Le Gouvernement s’est également engagé à prendre en compte les préoccupations spécifiques liées aux tracasseries routières signalées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Les routes au cœur des préoccupations

Au-delà des questions administratives et du contrôle routier, la dégradation de certains axes constitue l’une des préoccupations majeures des transporteurs. Une liste des points routiers jugés critiques doit ainsi être transmise aux pouvoirs publics dans un délai de 24 heures. Cette démarche doit permettre d’identifier les urgences et d’engager des travaux de réhabilitation sur les portions les plus dégradées.

Dans le secteur pétrolier, les procédures de chargement et de déchargement des camions-citernes dans les dépôts de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) devront également être appliquées dans un délai de 24 heures.

Le pari du dialogue social

La levée du mot d’ordre de grève marque ainsi une nouvelle étape dans les relations entre les pouvoirs publics et les professionnels du transport routier. En répondant à plusieurs revendications portant sur les contrôles, le pesage, les procédures administratives et l’état des infrastructures, les autorités entendent ramener durablement la sérénité dans un secteur essentiel au fonctionnement de l’économie nationale.

La reprise des activités dès ce lundi apparaît, à ce titre, comme le premier résultat concret de cette concertation d’urgence. Reste désormais à traduire les engagements pris en mesures effectivement appliquées sur le terrain. C’est à cette condition que ce compromis pourra s’inscrire dans la durée et consolider un dialogue social constructif entre le Gouvernement et les acteurs du transport routier.

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