Mise au point : Dr Basile Atangana Kouna et Louis Paul Motaze ripostent
Rectificatifs factuels concernant la cession des actions du partenaire privé dans AES Sonel et la gouvernance sectorielle.
La présente mise au point vise à apporter des clarifications objectives et documentées à la suite des récentes affirmations éditoriales, afin de prémunir l’opinion publique nationale contre les approximations et les instrumentalisations politiques.
1- Sur la réalité juridique et financière de la cession d’AES Sonel (2014)
Il convient de rétablir la vérité des faits administratifs et contractuels.
La transition actionnariale opérée en 2014 n’est en aucun cas le fait d’une initiative clandestine des ministres Louis Paul MOTAZE ou du Dr Basile ATANGANA KOUNA.
Il convient de rappeler qu’aucun grand investissement au Cameroun ne se fait sans l’aval du Gouvernement et du Président de la République. Mieux encore ce dossier a fait l’objet d’échanges de haut niveau entre les représentants diplomatiques du Royaume Uni au Cameroun et les plus hautes autorités de l’État.
Conformément aux dispositions du pacte d’actionnaires liant la multinationale américaine à l’État du Cameroun, c’est la société AES Corporation qui a souverainement décidé de céder les parts qu’elle détenait dans le capital d’AES Sonel au fonds d’investissement britannique Actis. Comme le prévoyait ce contrat, le groupe AES a dûment notifié le Gouvernement par écrit en juillet 2013 de sa volonté de céder ses actions à Actis. Cette notification donnait d’ailleurs le droit pour le Gouvernement d’exercer son droit de préemption ou la possibilité de faire acquérir les actions de l’entreprise par un autre candidat. Le Gouvernement a choisi de ne pas exercer son droit.
Il convient aussi de rappeler qu’avant de donner son aval au remplacement d’AES Corporation par Actis, le Gouvernement a pris la peine de dépêcher une mission de revue des réalisations d’Actis en Ouganda. C’est au cours de cette mission que les représentants de l’État ont pu constater que dans ce pays Actis et le gouvernement ougandais ont pu implémenter avec succès le basculement de tous les points de livraison de l’État au prépayé.
En outre, c’est méconnaître le fonctionnement de l’État d’une part et les préalables que suivent les investisseurs d’autre part que de s’imaginer qu’un investisseur britannique souhaitant devenir le partenaire stratégique de l’État dans le secteur de l’électricité puisse le faire à l’insu des hautes autorités de l’État, notamment le Chef du Gouvernement de l’époque, Philémon YANG, et le Président de la République, S.E.M. Paul BIYA.
Les accusations d’aliénation illégale du patrimoine national portées contre les hauts commis de l’État susmentionnés relèvent donc d’une ignorance totale des précautions et procédures que l’État du Cameroun met en œuvre avant d’accepter un investisseur étranger.
2- Sur le bilan infrastructurel de la gestion de l’eau et de l’énergie
Malgré les divergences légitimes que l’on peut entretenir quant aux méthodes de gouvernance ou aux choix des collaborateurs sectoriels, l’analyse factuelle exige de dissocier la critique politique de la réalité des réalisations.
Les projets d’infrastructures initiés, structurés et exécutés sous la direction du Dr Basile ATANGANA KOUNA, depuis sa gestion de la SNEC jusqu’à son mandat au Ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), constituent des réalités tangibles et vérifiables sur l’ensemble du territoire national.
Ainsi, c’est sous le magistère du Dr Basile Atangana Kouna que les grands projets actuellement mis en service dans le secteur de l’eau et l’électricité ont été lancés notamment Yato I et II, la MEFOU, le PAEPYS, la mise en service de la centrale de Kribi, l’inauguration du barrage de retenue de Lom Pangar, le lancement du projet de centrale de MEMVE’ELE, l’électrification de mille villages par systèmes photovoltaiques, l’avenant N°2 au contrat de concession de AES SONEL, la création et l’opérationnalisation de la SONATREL, le soutien de la Banque Mondiale au secteur de l’électricité, la structuration de l’aménagement hydroélectrique de Natchigal, la réhabilitation et mise en service de l’usine des eaux de la Mefou d’une capacité de production de 50.000 m3/jour, la réhabilitation de 52 centres de production d’eau potable sur l’ensemble du territoire national sur financement belge.
3- Sur le traitement éditorial et l’exigence d’objectivité journalistique
La critique de la gouvernance économique, notamment les questionnements autour de la gestion des finances publiques attribuée à Louis Paul MOTAZE, ne saurait s’affranchir des règles élémentaires de la déontologie journalistique. Il convient en effet de rappeler que tous engagements financiers de l’État vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux signés par le Ministre des Finances (ou le MINEPAT) font l’objet d’une habilitation préalable en bonne et due forme par le Président de la République.
Il suffit par ailleurs de consulter la presse officielle de l’époque et de rechercher les publications des textes officielles légaux et réglementaires de l’époque pour vérifier chacun des éléments de réponses que nous apportons ci-dessus. L’analyse des faits exige un recoupement rigoureux et impartial de l’information. L’absence de vérification contradictoire et le recours à des allégations non étayées, à l’instar des récits entourant le déplacement de l’ancien ministre ATANGANA KOUNA au Nigeria en mars 2018, affaiblissent la crédibilité du débat public.
Conrad Dieudonné Bébé NDI

