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9ème Congrès mondial contre la peine de mort : Pr James Mouangue Kobila sonne la mobilisation contre tout retour en arrière

À Paris, le 2 juillet 2026, le Professeur James Mouangue Kobila a lancé un avertissement clair : les progrès enregistrés par l’Afrique dans la lutte contre la peine de mort restent réversibles. Devant les participants au 9ème Congrès mondial contre la peine de mort, le président de la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) et du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme (RINADH) a appelé les institutions nationales des droits de l’homme à passer de la dénonciation à l’action afin d’empêcher toute résurgence de la peine capitale sur le continent.

Intervenant lors d’un panel organisé par Ensemble contre la peine de mort (ECPM), le responsable camerounais a rappelé que l’Afrique figure aujourd’hui parmi les régions du monde où l’abolition progresse le plus rapidement. Plus de quatre États africains sur cinq ne procèdent plus aux exécutions, une performance qui dépasse désormais la moyenne mondiale.

Mais pour le président du RINADH, cette avancée ne doit pas masquer les menaces grandissantes. Les débats sur la réintroduction de la peine de mort dans certains pays, la levée de moratoires et les appels politiques à son rétablissement témoignent d’une dynamique susceptible de remettre en cause plusieurs décennies de progrès.

«L’abolition n’est pas irréversible», a-t-il résumé en substance, estimant que l’émotion suscitée par les crimes graves ne saurait servir de fondement à une politique pénale.

Rompre avec les discours de principe

Pour le Pr James Mouangue Kobila, les institutions nationales des droits de l’homme doivent désormais investir le débat public avec davantage de fermeté. Il leur recommande de répondre aux appels à la peine capitale par des arguments fondés sur les faits, le droit et l’efficacité de la justice, plutôt que par de simples déclarations de principe.

Selon lui, la véritable réponse à la criminalité réside dans le renforcement des enquêtes, de la police scientifique, de l’assistance judiciaire, de la protection des victimes et de l’exécution effective des sanctions. La peine de mort, soutient-il, ne corrige aucune faiblesse du système pénal et ne constitue pas un instrument de dissuasion démontré.

Le président de la CDHC plaide également pour une meilleure documentation de la situation des condamnés à mort, grâce à des visites régulières dans les prisons, à la collecte de données fiables et à la publication de rapports capables d’éclairer les décideurs.

Le Cameroun invité à franchir une nouvelle étape

Évoquant le cas du Cameroun, Pr James Mouangue Kobila rappelle que si les exécutions ne sont plus pratiquées depuis plusieurs années, la peine capitale demeure inscrite dans l’arsenal juridique national. Une situation qui, selon lui, appelle désormais une évolution législative afin de transformer le moratoire de fait en abolition de droit.

Il souligne d’ailleurs que la Commission des Droits de l’homme du Cameroun avait déjà transmis, en octobre 2022, un plaidoyer en faveur de cette réforme.

Un front africain contre la peine capitale

Au-delà des initiatives nationales, le président du RINADH souhaite bâtir une riposte continentale coordonnée. Il préconise la création d’un mécanisme africain d’alerte face aux projets de réintroduction de la peine de mort, l’élaboration de positions communes, le partage d’expériences entre États abolitionnistes et l’implication des chefs traditionnels, des responsables religieux, des universitaires, des médias et des organisations de la société civile.

À ses yeux, l’objectif est désormais clair : empêcher toute régression et faire de l’abolition une norme irréversible sur le continent.

En clôturant son intervention, Pr James Mouangue Kobila a appelé les institutions nationales des droits de l’homme à assumer pleinement leur rôle de vigies démocratiques. Selon lui, l’avenir de la lutte contre la peine de mort en Afrique dépendra moins des déclarations de principe que de la capacité des acteurs institutionnels à transformer les moratoires existants en abolitions définitives et à inscrire durablement le droit à la vie au cœur des politiques publiques.

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