SNH-Transparency International Cameroon : la nouvelle sortie de Me Akere Muna ravive une polémique déjà tranchée
Quelques mois après avoir été publiquement rappelé à l’ordre par les instances dirigeantes de Transparency International Cameroon (TI-C), Me Akere Muna remet l’organisation au cœur d’une nouvelle controverse. Cette fois, c’est un éditorial publié dans le magazine SNH Info n°81 de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) qui suscite sa réaction sur les réseaux sociaux, au risque de raviver un débat que le conseil d’administration de TI-C avait pourtant estimé clos.
Dans sa publication, l’ancien président de Transparency International Cameroon affirme s’opposer à «la tentative de cet éditorial d’emprunter la crédibilité de Transparency International Cameroon (…) en évoquant une session de travail comme si elle constituait un aval de la gouvernance de la SNH». Il ajoute n’avoir reçu «aucune information sur ce que TI Cameroun aurait, le cas échéant, réellement approuvé».
Cette nouvelle prise de position intervient pourtant dans un contexte où Me Akere Muna n’exerce plus aucune responsabilité exécutive ou délibérative au sein de la section camerounaise de Transparency International. Une réalité institutionnelle que le conseil d’administration de TI-C lui avait déjà rappelée avec fermeté en mars 2026, à la suite d’une précédente sortie publique portant sur les relations entre l’organisation et la SNH.
Un rappel déjà formulé par les dirigeants de TI-C
Dans son communiqué signé par son président, Me Henri Njoh Manga Bell, le conseil d’administration avait rappelé que Transparency International Cameroon est dirigée par ses organes statutaires et ses représentants régulièrement élus.
Le document soulignait que, si l’organisation demeure respectueuse de l’apport historique de ses membres fondateurs, «les prises de position des personnalités n’exerçant plus de fonctions exécutives ou délibératives, et engagées par ailleurs dans des activités politiques partisanes, n’engagent en rien la responsabilité ni la ligne stratégique de la section nationale».
Par cette mise au point, TI-C entendait lever toute ambiguïté sur sa gouvernance et rappeler que seules ses instances régulièrement constituées sont habilitées à s’exprimer au nom de l’organisation.
Une récidive qui interroge
La récente déclaration de Me Akere Muna apparaît ainsi comme une réédition d’un débat déjà tranché par les responsables de Transparency International Cameroon. Alors que les clarifications de mars avaient précisément défini le cadre institutionnel des prises de parole relatives à l’organisation, cette nouvelle intervention remet une nouvelle fois TI-C au centre d’une polémique dont les motivations demeurent connues de son seul auteur.
Pour plusieurs observateurs, cette succession de déclarations publiques entretient une confusion entre l’expression d’une opinion personnelle et la position officielle d’une organisation de la société civile dont les orientations sont arrêtées par ses organes dirigeants.
Vingt-cinq années d’expertise au service de l’intégrité
Au-delà de cette controverse, Transparency International Cameroon revendique un quart de siècle d’engagement dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance au Cameroun.
L’organisation rappelle que son accompagnement de la SNH s’inscrit dans une démarche technique comparable à celles conduites auprès de nombreuses administrations publiques et entreprises de référence.
Au cours des dernières années, TI-C a notamment déployé son expertise auprès de la Direction générale des douanes, de l’Agence des normes et de la qualité (ANOR), de TRADEX, de Natchtigal Hydro Power Company (NHPC), ainsi qu’auprès de groupes privés de premier plan tels que MTN, Orange et bien d’autres multinationales. Autant d’interventions destinées à renforcer les dispositifs de gouvernance, les mécanismes de contrôle interne et la prévention des risques de corruption.
Une collaboration encadrée par des principes stricts
Concernant la SNH, TI-C précise avoir été officiellement sollicitée pour réaliser un diagnostic de gouvernance. Selon l’organisation, cette mission relève de son mandat consistant à accompagner les institutions dans l’amélioration de leurs pratiques de transparence.
Elle insiste également sur le fait que chacune de ses interventions est conduite dans le strict respect des protocoles internationaux de Transparency International (Berlin), garantissant son indépendance de jugement et son impartialité.
L’organisation rappelle par ailleurs que cette coopération n’a jamais eu vocation à interférer, par exemple, avec les procédures judiciaires relatives à l’affaire Glencore. Elle réaffirme au contraire son attachement à la manifestation complète de la vérité et à la poursuite des actions de lutte contre la corruption.
Une mission qui dépasse les polémiques
Membre du comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-Cameroun) et partenaire technique de plusieurs cellules ministérielles de lutte contre la corruption, notamment au ministère de la Justice, au ministère des Finances et autres, Transparency International Cameroon affirme poursuivre son action dans une logique de réformes institutionnelles durables.
Pour ses dirigeants, la lutte contre la corruption ne saurait se résumer à des déclarations publiques ou à des controverses médiatiques. Elle repose avant tout sur des audits, des diagnostics, le renforcement des capacités des institutions et une surveillance citoyenne permanente.
En appelant ses membres, ses partenaires et l’opinion publique à faire la distinction entre les débats politiques et l’action citoyenne, TI-C réaffirme sa volonté de demeurer fidèle à ses principes d’indépendance, de rigueur et de redevabilité, tout en poursuivant son objectif de contribuer à une gestion plus transparente des ressources publiques camerounaises.

